les types de risques en salle de marché

22 01 2009

Ils sont de 2 ordres : celui de perdre de l’argent en raison des mouvements quotidiens des marchés, et ceux dus au risque de ne pas être payé.

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Risques liés aux variations de prix sur les marchés :

· Risque de change. (« Currency risk ») C’est le risque lié à l’écart de prix entre le moment d’achat et le moment de revente d’une devise contre une autre. Si à un instant T, le cours de l’Euro contre Dollar est de 1,2625, je paierai 12,625 millions de dollars pour acheter 10 millions d’Euro. Supposons que 30 secondes plus tard le cours soit passé à 1,2627, je peux alors revendre mes 10 millions d’Euro contre 12,627 millions de Dollars. En 30 secondes j’ai donc engrangé 2 000 dollars ou 1 584 Euros…

· Risque de taux (« Interest rate risk »):

o Un emprunteur à taux variable est exposé à une hausse des taux : si les taux montent, il paiera plus cher ses échéances d’intérêt.

o Un prêteur à taux variable est exposé à une baisse des taux : il percevra moins si les taux baissent que s’il avait fixé son taux au démarrage de l’opération.

o Un emprunteur à taux fixe est exposé à une baisse des taux : ses échéances lui couteront plus cher que le prix du marché si les taux baissent.

o Un prêteur à taux fixe est exposé à une hausse des taux : en ce cas il aura un manque à gagner.

· Mesure des risques sur les portefeuilles :

Les institutions financières utilisent différents modèles pour appréhender leurs risques de portefeuilles. Le plus usité est celui de « Value at Risk [en français : Valeur à Risque, créé par JP Morgan en 1994]. La société RiskMetrics en a repris le modèle.

Définition proposée par la Documentation Française : « Estimation statistique ex ante des pertes éventuelles maximum qui pourraient résulter des positions prises sur les marchés. Cette perte potentielle est mesurée sur un intervalle de temps et avec une probabilité donnée. Cette technique tient compte de la volatilité des marchés, des corrélations existantes, de la comparaison et de l’agrégation des risques pris sur les différents marchés. » . L’analyse de VaR ne permet pas de tout mesurer ni de tout appréhender.

Les salles ont recours à des techniques mathématiques et statistiques de plus en plus sophistiquées. Citons la méthode dite de Monte Carlo pour calculer des prix et des stratégies de couvertures sur les produits les plus complexes.

Les institutions procèdent à des simulations avec scénarii catastrophes, ces simulations sont appelées « stress tests ». Malheureusement à fin 2007, ce type d’analyse était toujours peu répandu.

Risques non liés aux variations de prix :

· Risque de liquidité :

o Pour un emprunteur ou un acheteur = difficulté à trouver du crédit.

o Pour un prêteur ou un vendeur  = impossibilité de liquider un actif avant son terme.

· Risque de contrepartie ou de crédit = éventualité qu’une contrepartie ne remplisse pas ses obligations (ex : le remboursement d’un emprunt). Ce risque inclus :

o Le risque pays,

o Le risque sur les autres institutions financières,

o Le risque sur les clients.

· Risque de principal = risque qu’une institution paie un titre, une devise… mais ne reçoive pas en retour la contrepartie.

· Risque de remplacement = risque quand la contrepartie fait défaut à la date de règlement de l’opération. L’institution se retrouve malgré elle en position ouverte et va devoir la solder quelque soit le cours du moment.

· Risque systémique = risque lié au fait qu’une institution faisant défaut, entraine dans sa faillite d’autres établissements. C’est l’effet « dominos ».

· Risques opérationnels :

o Causes internes et dont les pertes peuvent être anticipées :

Ø défaillance des systèmes d’information,

Ø dysfonctionnement des outils de contrôle,

Ø erreurs de management.

Ø erreurs humaines, voire fraudes.

o Causes externes et dont les pertes ne peuvent pas être anticipées :

Ø évènements politiques,

Ø catastrophes naturelles.

La problématique est triple : quelles techniques implémenter pour :

· la surveillance ?

· la prévention ?

· le contrôle ?





Qu’est-ce qu’un “prime broker” ?

12 01 2009

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Les « Prime Brokers » (Littéralement:  courtier principal) :

Institutions financières qui, par l’importance du volume de titres qu’elles détiennent, traitent pour leur propre compte ou pour le compte de tiers, sont capable de prêter des titres dans le cadre d’une vente à découvert par exemple, ainsi que d’offrir d’autre services, tels que le financement sur titres, la gestion administrative et comptable, et la garde de titres.

Ce sont ceux qui jouent dans la cours des grands : Merrill Lynch, Citigroup, HSBC, feu Lehman Brothers (dont une partie des équipes a été récupérée par Nomura), Deutsche bank, ABN Amro…

Figurent avant tout les américains, un anglais, un allemand et un hollandais. Leurs salles à Londres ou New-York peuvent comporter 800 ou 900 positions de « front-office », donc 800 à 900 opérateurs sur les marchés…





Les outils dans une salle de marché

9 01 2009

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· Les platines de téléphone, véritables mini standards. Chaque opérateur dispose de deux combinés, de hauts parleurs et d’un micro afin de suivre plusieurs conversations en même temps. Ces platines sont reliées à deux enregistreurs sur bandes magnétiques, dont un dit de « back-up » (de secours).

· Les écrans d’informations financières en temps réel : si l’équipement peut appartenir à l’institution, l’information elle est diffusée par des agences spécialisées : Reuters (UK), Bloomberg (US),  Six Group (CHF)… Ces agences fournissent en temps réel les cours de bourse ainsi que prix affichés par les intervenants des marchés interbancaires. Ces données sont appelées flux. Les prix affichés, y compris les cotations boursières, ne sont présentées qu’à titre indicatif et n’engagent pas les contreparties ni les prestataires de service. Les « disclaimers » (avis de non responsabilité) sont là pour le rappeler.

Les salles sont souvent abonnées à divers systèmes pour pallier aux défaillances éventuelles des fournisseurs. Du fait de l’intéraction de ces systèmes avec les bases de données internes, les protections informatiques sont critiques.

· Des calculateurs et des logiciels de simulation. Ces logiciels peuvent être développés en interne ou par des prestataires extérieurs. Ces prestataires sont soient des sociétés filiales d’institution financières soient de petites sociétés indépendantes et fragiles tant du point de vue capitalistique qu’humain. Les calculateurs génèrent un risque de portefeuille soit parce qu’ils peuvent comporter des erreurs soit parce qu’ils peuvent réaliser leur calculs sur des bases légèrement différentes de celles de leurs concurrents et donc générer des valorisations différentes.

· Des outils de valorisation et de”reporting” (rapport d’activité) sont souvent développés par des prestataires extérieurs.

· Des bases de données internes (sur les clients, les contreparties, leurs opérations, les encours…).

· Des bases de données externes (sur les titres, leurs cours, leurs caractéristiques…), accessibles par réseaux informatiques.

· Des réseaux informatiques dédiés pour se connecter aux contreparties. Le plus connu est celui de la filiale de British Telecom : Radianz. Ces réseaux informatiques dédiés sont fortement dépendants des lignes téléphoniques dédiées et à haut débit, gérées par les grands opérateurs téléphoniques.

Le choix d’un opérateur de téléphone tant pour la voix que pour la donnée est donc crucial.

Au-delà du « tuyau » pour se connecter aux uns et aux autres, encore faut-il que les différents logiciels puissent parler le même langage pour pouvoir communiquer entre eux. Or souvent les systèmes du « buy-side » (acheteurs, donc les gérants) ne peuvent pas communiquer directement avec ceux du « sell-side » (les vendeurs, les intermédiaires, les courtiers). En conséquence des langages informatiques universels ont été créés. Ils n’ont d’universel que le nom puisque chaque activité possède ses spécificités propres. Outre les querelles de chapelles qu’il faut surmonter, le coût d’implémentation et les restructurations de systèmes que cela génère constituent des freins importants. Le plus usité est le « Financial Information eXchange protocol » (FIX), développé par les grandes institutions financières nord-américaines.

· Des logiciels de transmission d’ordres, développés par des prestataires extérieurs. Ces logiciels peuvent aller du simple outil de connexion électronique (ou l’opérateur tape sur un écran l’ordre à exécuter, l’ordre étant ensuite transmis électroniquement au marché ou à la contrepartie) jusqu’à des automates de transactions sophistiqués. Ces derniers déclenchent des opérations simples ou complexes, sans intervention humaine, suite à des instructions préalables. Les opérations complexes peuvent consister à arbitrer des marchés, i.e jouer des décalages qui peuvent exister entre marchés ou entre instruments financiers. Les logiciels font de plus en plus appels à des algorithmes complexes que seuls les concepteurs des programmes maîtrisent.

A noter qu’un opérateur dont la fonction consiste à tirer parti des décalages de marchés et à les arbitrer, est appelé arbitragiste.

Les accès électroniques aux marchés boursiers sont appelés DMA, ou « Direct Market Access » . Dans un environnement ou les prestataires sont de taille réduite, le plus connu est la société GL Trade, recemment rachetée par Sungard, qui donne accès à l’ensemble des bourses internationales. Ces accès sont réservés aux courtiers.





Autres fonctions liées aux marchés

7 01 2009

Ce sont les services supports, essentiels pour le bon fonctionnement de la salle. N’est pas mentionné, bien que lui aussi primordial, le service informatique.

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4 grands services:

-le middle office (la validation des opérations),

- le back-office (l’enregistrement des opérations),

- la recherche(fournit les infos au front office),

- le juridique.

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· Middle-office = le contrôle, la validation des transactions et le reporting. Contrôle du respect des procédures [« compliance »], contrôle des encours, valorisation des positions, contrôle des limites et de leur non dépassement. Dans certaines institutions la frontière entre contrôle de gestion et « middle-office » est ténue.

Le « middle-office » a à sa disposition une base de données sur les encours avec les contreparties et les limites afférentes.

Le déontologue ou « compliance officer », qui définit les règles de déontologie et vérifie leur application, peut-être rattaché au « middle-office ». Le « compliance officer » n’est pas un auditeur interne.

L’équipe dite de « Risk Management », chargée d’évaluer avec la VaR [voir en annexe] le risque financier pris par l’institution sur les marchés, peut-être rattachée au « Middle-Office ». Il ne s’agit pas d’une cellule de « risks managers » au sens assurantiel du terme.

La supervision des plans de continuité d’activité [« contingency business plan »] peut également relever du « Middle-Office ». Il s’agira de la rédaction, de la diffusion et du test des procédures en cas d’incident bloquant l’activité de la salle. Le cas extrême étant le recours à une salle de secours.

Voir en annexe lettre de la commission bancaire de 2004 définissant le rapport sur les risques.

· Back-office = la gestion : enregistrement des opérations, transferts, règlement, livraison. Envoi des confirmations aux clients et vérification des confirmations des contreparties ; vérification de la cohérence avec les enregistrements internes.

· La recherche = les économistes et les analystes financiers.

o Les économistes, parfois appelés stratégistes, préparent les analyses macroéconomiques sur la conjoncture et font des prévisions sur les statistiques économiques des grands pays. Ces informations sont transmises tant à la salle qu’aux clients. Ils sont souvent considérés comme les Madame Soleil des salles.

o Les analystes financiers préparent des études financières sur les émetteurs (actions ou obligations). Leur légitimité est forte puisque c’est sur la base de ces études que les commerciaux vont bâtir leur argumentaire de démarchage de leurs clients et leur proposer d’acheter telle action plutôt que telle autre.

· Le service juridique intervient pour la rédaction ou la relecture des contrats de marchés de gré à gré.

Ces quatre derniers départements ne doivent pas être sous la responsabilité hiérarchique de la salle de marché. Par ailleurs les activités d’ingénierie financière doivent être séparées de la salle de marché de même que les activités primaires doivent être dissociées des activités secondaires. Les autorités de tutelle veillent à ce qu’il y ait une séparation entre ces métiers : une « muraille de Chine » [« Chinese Wall »] qui assure que les intérêts du client ne seront pas confondus avec ceux de l’institution.





Les métiers en salle de marché

5 01 2009

Ce sont les opérateurs que l’on appelle aussi dans le jargon : le front office.

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· Front-office : c’est l’équipe en contact permanent avec les marchés et les différents intervenants : clients ou contreparties.


Trader : opérateur négociateur dont le rôle consiste à solder une position générée par un client en minimisant les risques pour l’institution financière.

La position d’un opérateur est l’exposition résiduelle que présente son bilan au risque de fluctuation des cours à un moment donné.

Si un client achète un titre à l’institution, c’est que l’institution le lui a donc vendu. En ce cas pour solder [on dit aussi déboucler sa position], l’institution doit racheter dans le marché le montant équivalent. Inversement si le client a vendu.

Le trader ne doit plus avoir de position en portefeuille à la clôture des marchés, en général 18h00 heure locale : il doit être soldé.

Il est limité en montant sur les positions qu’il peut conserver en portefeuille dans la journée, que l’on appelle « l’intraday ». Ces positions non soldées ou non couvertes (par une opération de sens inverse et pour le même montant) sont appelées positions ouvertes [« opened positions »]. L’ensemble des positions ouvertes constituent le portefeuille de l’opérateur, également appelé « book ». Sur autorisations écrites, il peut être amené à dépasser ses limites. L’organisation de la salle est pyramidale avec un chef trader (« head trader ») et un responsable de salle. Ils peuvent engager l’institution pour des montants croissants et des durées croissantes.

Le trader dispose d’une platine de téléphone incluant des lignes directes (lignes de téléphones connectant directement deux correspondants sans que ceux-ci aient à composer de numéro, la ligne est connecté, on dit «ouverte », en permanence et s’assimile à un interphone) ; Il travaille également avec des écrans d’informations en temps réel délivrées par des agences de presse, d’automates de transmissions d’ordres, de logiciels de simulation, de calculateurs ainsi que d’un logiciel de « capture » d’opérations (outil de saisie des opérations pour transmission aux entités de contrôle et de gestion).

Pour les marchés organisés, le trader doit passer un examen professionnel, gage des ses compétences et de sa connaissance tant des produits financiers que des règles. Cet examen est valide tant que le trader pratique les marchés en question. Une interruption de plus d’un an invalide l’examen. Il faut alors le repasser.


Commercial : il est l’interface des clients. Son rôle consiste à les conseiller en leur fournissant des informations sur les marchés, en leur indiquant leur anticipation sur l’évolution de ces marchés et en transmettant les ordres d’opérer des clients aux traders. Le commercial n’a pas le droit de conserver par devers lui un ordre ou une position, il ne doit être qu’un haut parleur.

Le commercial dispose des mêmes outils que le trader à l’exception des instruments de passation d’ordres. Il a en outre un logiciel de gestion de la relation client qui lui permet de vérifier quelles opérations le client a réalisé avec l’institution.

Hormis pour les marchés organisés, il n’existe pas d’examen professionnel pour les commerciaux ou les traders.


A noter que de plus en plus d’organes de tutelle demandent qu’un règlement de déontologie soit paraphé par l’opérateur, trader ou commercial, et soit annexé au contrat de travail. Les institutions financières ont souvent généralisé cette pratique même si l’activité ne l’exigeait pas. Il faut croire que tous ne l’avaient pas fait en 2008…





Qui sont les clients des marchés ?

16 12 2008

Les intervenants sont très logiquement classés entre offreurs et demandeurs.

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· Les vendeurs : Le « sell-side » : les intermédiaires et concurrents. Ce sont les contreparties des traders (voir ci-dessous). Sur la place de Paris se seront toutes les salles de marchés qui interviennent pour le compte de tiers : Crédit Agicole, BNP Paribas, SG, Deutsche Bank, Ixis, Citygroup…

· Les acheteursvendeurs : Le « buy-side » : les investisseurs dits finaux : gérants de portefeuille et trésoriers d’entreprises.

Les « Corporates » : sociétés (émetteurs actions et obligations, trésoreries) : la cibles des institutions de taille moyenne sera les sociétés du CAC40, voire du SBF120 et les grands groupes internationaux. Les organismes étatiques peuvent quasiment être assimilé aux « corporates » dans leurs modes d’intervention.

Les « Asset Managers » : gérants de Sicav et FCP (fonds communs de placement). Ce sont les banques, la poste, les assureurs, les mutuelles…

Les « Pension funds » : caisses de retraite. Les principales sont nord-américaines et anglaises, la place de l’Europe étant plus réduite du fait de l’émergence plus tardive des caisses privées. Très réglementées et contrôlées, elles sont très en pointe sur la déontologie, les règles de prudence et de sécurité. Pour travailler avec elles, il faut souvent leur prouver au préalable que ces règles sont en place et correctement appliquées. Elles vont même jusqu’à réclamer un droit d’investigation.

Les « Hedge Funds » : fonds spéculatifs. Fonds d’investissement à haut risque portant principalement sur des produits à effet de levier particulièrement élevé, c’est-à-dire permettant, pour des mises limitées, d’opérer sur des montants beaucoup plus importants, mais avec des risques considérables.

La rémunération de l’intermédiaire se fait soit sur la base d’une marge (« margin ») pour certains marchés de gré à gré tels que le change ou bien d’une commission (« fee »). Pour éviter les conflits d’intérêts les clients exigent de plus en plus une rémunération transparente et négociée, les prestations additionnelles étant facturées individuellement.





J’achète et je vends quoi ?

15 12 2008

Les marchés de capitaux se subdivisent en marchés de devises, de taux et d’actions.

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· Marché des changes = marché de devises = « FOREX (FOreign EXchange »= « FX ». Le marché des changes, en fait les marchés des changes, est le marché ou s’échangent les unes contre les autres les monnaies des différents pays. Ce sont principalement des marchés de gré à gré ou interbancaires soit au téléphone ou par le biais de plateformes électroniques (prestataires : Reuters, Icap-EBS, FXall, Baxter-FX essentiellement). Les opérations réalisées en bourse ne constituent plus qu’une infime partie des transactions.

Compléments dans mémento complémentaire.

· Marché de taux = marchés obligataire et monétaire = « Fixed Income ».

Le marché des taux est le marché où se rencontrent les emprunteurs (« borrowers ») et les prêteurs (« lenders »).

Marchés à revenu fixe par opposition aux dividendes des actions puisque pour une période donnée le revenu (l’intérêt) est défini. Le prêteur va percevoir à échéance fixe un intérêt défini à l’avance.

o Marché obligataire = « bonds market » : emprunts à moyen long terme > à 5 ans, qu’ils soient émis par un Etat, une institution financière ou une entreprise. Les Etats et les entreprises sont structurellement emprunteuses pour financer leurs investissements alors que les banques sont structurellement prêteuses (de par les dépôts que font leurs clients).

L’emprunteur va émettre un emprunt ou une obligation (termes synonymes) en définissant le montant et la durée de l’opération.

Bien que ces marchés soient dématérialisés, ne soient plus représentés par des supports papier comme pour les bons vieux emprunts russes, la terminologie utilise toujours le terme de « papier » pour désigner un titre.

Le taux auquel il va emprunter va dépendre quant à lui de la perception qu’ont les prêteurs du risque que représente l’emprunteur. Les prêteurs pourront s’en faire une idée soit en réalisant leur propre analyse financière sur l’emprunteur soit à partir des notations émises par les agences spécialisées (voir ci-dessous).

Le taux va aussi dépendre des emprunts d’Etat qui sont considérés comme des emprunts de référence (« benchmark»).

L’emprunt une fois émis passe au marché secondaire et une véritable cotation se met en place. Le prix du papier est souvent calculé sur la base : 100 – le taux d’intérêt. En ce cas une obligation qui vaut 93 assure un rendement de 7%. Le prix va donc varier de façon inversement proportionnelle au taux.

o Marché monétaire = « money market » : emprunts < à 5 ans. C’est le marché sur lequel se refinancent les institutions ou sociétés en situation de trésorerie débitrice et ou placent les institutions ou sociétés en situation de trésorerie excédentaire. Les intervenants peuvent être alternativement l’un ou l’autre. Ex : EDF facture le courant électrique une fois par trimestre à ses clients individuels. Il va donc y avoir tous les trois mois des rentrées massives de fonds qu’EDF va placer à court terme. En revanche ses charges sont plus étalées dans le temps et elle peut avoir besoin d’emprunter les 15 derniers jours pour « faire la soudure ».

Bourses électroniques obligataires : Euro MTS en Europe.

Les grandes références en terme de taux, ou « interest rates » sont :

Ø Court terme : LIBOR, London Interbank Offered Rate, taux en Dollar et en Sterling fixés (définis) quotidiennement par la British Banker Association à Londres (organisme professionnel regroupant les principales banques de la place, équivalent de l’Association Française des Banques - AFB) pour des échéances allant de 1 jour à 1 an en passant par 1mois, 3mois et 6mois. Cette référence est contractuelle mais unanimement reconnue. Les agences d’information et le site de la BBA affichent les références LIBOR. L’impression de l’écran fait foi.

Euribor : Taux de référence pour les taux courts terme en Euro.

Ø Moyen – Long terme : les emprunts d’Etat ou « Treasuries » constituent la référence : Bonds américains, Bunds allemands, OAT françaises (Obligations Assimilables du Trésor)… Si l’institution possède le statut de SVT, Spécialiste de Valeurs du Trésor, elle est donc habilité à traiter sur le marché primaire des emprunts d’Etat français. Source de rémunération, c’est aussi important pour l’image de marque.

· Marchés actions (« stocks »): sur bourses organisées, sur bourses électroniques.

L’acheteur d’une action achète un titre de propriété, il va donc participer aux gains et aux pertes de l’entreprise. En cas de gains, l’entreprise peut lui verser une part des bénéfices sous forme de dividendes. L’actionnaire (« shareholder») a en théorie plus de pouvoirs que le prêteur sur la direction de la société.

Les opérations peuvent être traitées sur deux types d’institutions :

Ø Bourses électroniques actions : Instinet (fusion de Instinet et Island ECN), Nasdaq, Nyse-Arca (ex Archipelago), Bloomberg Tradebook …appelés ECN (Electronic Communications Networks). En général l’accès est réservé aux courtiers. Aux E.U ces courtiers en ligne sont régulés par la S.E.C (Security Exchange Commission) sous l’intitulé de “Alternative Trading Systems” ou ATS. Les réseaux électroniques des courtiers classiques n’en font pas partie.

Ø Bourses physiques : Euronext (Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne et marché à terme de Londres : Liffe) Deutsche Borse, Londres, Nyse, Tokyo …Seuls les membres y accèdent.

Agences de notation ou « Rating agencies»: Moody’s, Standard & Poors, Fitch. Ces agences définissent le risque de défaillance de paiement des contreparties. Elles « notent » régulièrement la solvabilité des émetteurs qu’ils soient Etat, institution financière ou société. Il se peut qu’une société soit notée même si elle n’est pas cotée en bourse du fait qu’elle aura émis des obligations qui, elles seront négociables. Ex : EDF. La notation est aussi appelée « rating ». Par ailleurs les investisseurs sont de plus en plus sensible au rating social tel que défini par des agences comme Vigeo. Ces dernières années les agences de notation sociale et environnementale ont fleuri : voir l’article de 2005 qu’y consacre la revue Novethic.

La notation est constituée soit d’une combinaison de 3 lettres soit d’une combinaison de 3 lettres et de chiffres. Elles se rejoignent pour noter AAA le meilleur risque.





Aujourd’hui ou demain ?

12 12 2008

Marchés comptants et Marchés à terme :

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On différencie les marchés selon que le règlement / livraison des titres est initié dès la fin de la transaction ou bien à une échéance plus lointaine. De plus un titre peut être adossé à un autre titre, on parle alors de produit dérivé.

· Marché comptant = « spot » (terme surtout utilisé pour les devises) = « cash» (terme utilisé pour les autres marchés) ; Opération dont le règlement/livraison se fait dès la conclusion de la transaction. Nota : délais administratifs entre 2 et 5 jours selon type d’opération. Diverses tentatives ont été menées pour réduire ce délai: ce fut le “T+1 target” (Trading + 1 jour) lancé au début des années 2000. Il n’en est pas sorti grand chose. Cela aurait impliqué une électronisation à outrance que n’ont pu réaliser intégralement les institutions financières.

· Dérivés = « derivatives » : marchés utilisant des produits à effet de levier sur les actions, les obligations ou les changes. Pas bien vus du tout en ce moment car ils sont tous mis dans le même panier et couverts d’opprobre. Mais peut-on se passer d’une option de change ?

Marché à terme : opération dont le prix est décidé aujourd’hui mais dont le règlement/livraison est effectué à terme (3mois, 6 mois…). Les marchés à terme sont des marchés organisés, en France = MATIF

Futures : engagement d’acheter ou de vendre à terme un titre à un prix fixé aujourd’hui. Perte potentielle illimitée.

Option : possibilité et non obligation d’acheter ou de vendre à terme un titre à un prix fixé aujourd’hui. Contrepartie : paiement d’une prime. La perte potentielle est limitée à la prime. Une potion qui permet d’acheter un titre s’appelle un « call » ; une option qui permet de vendre un titre s’appelle un « put ».

Il existe des stratégies de combinaisons de produits soit pour réduire le risque de marché, soit pour réduire le coût initial de la prime (en ce cas le risque est important).

Autres produits dérivés : figurent entre autres les Swaps, contrats qui permettent d’échanger une obligation à taux fixe contre une obligation à taux variable.

Le règlement [« settlement »] est le paiement des titres. La livraison [« delivery »] est l’échange des titres. Toutes ces opérations sont dématérialisées et ne se font plus par échange de papiers physique comme au bon vieux temps des emprunts russes mais par écritures comptables.

Le règlement / livraison des actions et obligations se fait par le biais d’institutions dont les deux plus importantes sont Euroclear (ex SICOVAM et dont Euronext est actionnaire) et Clearstream (filiale de Deutsche Borse, …et non ce site n’a pas vocation à faire de commentaires politiques). Les paiements et transferts s’opèrent par un réseau dédié et sécurisé dont le siège est en Belgique : SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication). Plus de 7.800 institutions financières y sont adhérentes. Ainsi pour transférer des dollars aux Etats-Unis, même si je traite directement avec une banque américaine, les ordres de transfert transiteront par Swift.

A noter que le transfert est une opération d’écriture entre comptes aux Etats-Unis. Physiquement les dollars ne sortent pas des Etats-Unis.

C’est ainsi que les Soviétiques pour éviter que leurs dollars ne soient bloqués aux Etats-Unis durant la guerre froide avaient  déposés leurs dollars dans des banques anglaies et du coup créés les eurodollars. Mais ceci est une autre histoire. Pour en savoir plus: http://en.wikipedia.org/wiki/Eurodollar.


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Marchés organisés ou pas

11 12 2008

L’activité de marchés de capitaux peut s’opérer soit sur un marché organisé soit de gré à gré.

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· Marchés organisés = Bourses = « Exchanges ». Il y a un organisme de régulation du marché qui édicte les règles (ex Euronext), assure la garantie de bonne fin des contrats et assure le risque de contrepartie.

Pour passer un ordre il faut que l’intermédiaire soit membre du marché en question et que l’opérateur soit accrédité (systèmes d’examens professionnels).

Le passage d’ordres sur la majorité des marchés (hormis pour le NYSE) se fait de façon électronique. Les outils de passage d’ordres ou « order routing » sont développés par des prestataires extérieurs, souvent liés à l’organisme boursier.

· Marché de gré à gré = « Over The Counter » = « OTC » = Marché Interbancaire. Marché qui n’est pas régi par un organisme et n’a de règles que les engagements contractuels bilatéraux.

Les contrats cadres [« master agreements »] définissent au préalable les lieux de livraisons, les dates de livraisons y compris calendrier des jours fériés, les références à prendre en compte, etc… Les contreparties s’échangent les listes des opérateurs habilités à traiter et pour quels montants. [il y a eu des cas ou des institutions ont contesté a posteriori des opérations, bien entendu perdantes pour eux, sous prétexte que l’opérateur n’était pas habilité à traiter les produits ou les encours concernés.]

Ces marchés se font au téléphone ou par le biais d’automates de transactions (logiciels de transactions électroniques ou « electronic trading »sur réseaux informatiques dédiés).

Les platines téléphoniques des opérateurs en salle sont enregistrées par deux enregistreurs. Certains marchés boursiers imposent des règles précises de conservation des bandes. En cas de litige, les bandes sont écoutées et constituent un élément de preuve.

Les marchés « à la voix » sont des marchés de parole puisqu’il n’y a pas de preuve matérielle autre que ces enregistrements, s’ils existent. Rien ne prouve a priori que le correspondant a bien passé l’ordre et sur quel niveau de prix.

Un opérateur malveillant qui prétendrait systématiquement avoir réalisé des opérations et essaierait d’abuser ses contreparties se verrait de fait boycotté par les autres opérateurs du marché.





Services d’investissement connexes & assimilés

9 12 2008

Nous avons vu précédemment qu’il y avait en plus des services principaux d’investissement 3 services assimilés et 8 services connexes.

Analysons-les:

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Les trois services assimilés aux services principaux :

· La tenue de compte = «book keeping»: “Activité consistant à enregistrer dans ses livres des écritures comptabilisant des opérations sur instruments financiers pour le compte de donneurs d’ordres”.
Le “teneur de compte” n’est pas obligatoirement le conservateur
. Cette activité conditionne le montant minimum requis pour la détermination du capital social des entreprises d’investissement.

· La tenue de compte-conservation : “Activité consistant (…), d’une part à inscrire en compte les instruments financiers au nom de leur titulaire, c’est-à-dire à reconnaître au titulaire ses droits sur lesdits instruments financiers, et d’autre part à conserver les avoirs correspondants, selon des modalités propres à chaque instrument financier”.

· La compensation : “Activité exercée par les adhérents d’une chambre de compensation, ou “clearing house et consistant, en matière d’instruments financiers, à tenir et dénouer des positions enregistrées par la chambre de compensation”.

3-3 – Les huit services connexes :

· la conservation ou l’administration d’instruments financiers;

· l’octroi de crédits ou de prêts à un investisseur pour lui permettre d’effectuer une transaction qui porte sur un instrument financier et dans laquelle intervient l’entreprise d’investissement;

· le conseil en gestion de patrimoine;

· la fourniture de conseil aux entreprises en matière de structure de capital, de stratégie industrielle et de questions connexes ainsi que des services concernant les fusions et le rachat d’entreprises;

· les services liés à la prise ferme;

· les services de change liés à la fourniture de services d’investissement;

· la location de coffres-forts;

· la négociation de marchandises sous-jacentes aux instruments financiers à terme enregistrés auprès d’une chambre de compensation, faisant l’objet d’appel de couverture ou permettant un règlement monétaire par le vendeur, lorsqu’elle est liée à l’exécution de ces contrats.

Les intervenants utilisent les services de dépositaires, ou «global custody» Le dépositaire, ou «custodian» assure le paiement des dividendes ou des coupons et enregistre toutes les opérations d’achats et de ventes du client. Les principaux “custodians” sont Bank of NewYork, Banque Pictet, Citigroup, JP Morgan, ABN Amro, BNP Paribas Securities Services.








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