Euronext licencie

22 01 2009

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Du jamais vu:

les salariés d’Euronext Paris déclenchent une grève le 29 janvier pour protester contre une vague de licenciement décidée par le groupe.

Sur 3080 salariés, 200 seront licenciés (6.5%) dont 100 à Paris.

Les activités commerciales et informatiques de Paris sont particulièrement visées.

Ou ces activités seront-elles relocalisées ??? Londres off-course…

Il parait qu’il s’agit d’un recentrage d’activité…

Pour mémoire les transactions au comptant sont restées stables Pour la partie européenne entre décembre 2007 et 2008 mais ont accusées une baisse de 19% pour les dérivés.





Madoff pas trader ???

16 01 2009

Deux infos sorties hier et avant hier:

- Le 14 janvier le parquet a de nouveau échoué à obtenir l’incarcération de M Madoff. La Cour fédérale de New York a estimé que M Madoff ne pouvait ni fuir ni dissimuler ses avoirs.

Et pourtant les enquêteurs ont eu la preuve que peu avant sa première arrestation le 11 décembre, il avait essayé de transférer plusieurs dizaines de millions de dollars. Il a également envoyé des bijoux a sa famille en violation des accords qu’il a passé avec le tribunal pour être en liberté conditionnelle. Comme disait La Fontaine

“Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir..”

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- Deuxième information plus extraordinaire encore, parue dans le très sérieux Boston Globe du 15 janvier : M Madoff pourrait ne jamais avoir traité une seule opération en bourse.

Selon la non moins sérieuse Agence de Régulation de l’Industrie Financière [Financial Industry Regulatory Authority - FINRA], il n’y a, à ce jour aucune trace de transaction faite par la société de gestion.

En clair les relevés d’opérations seraient des faux et ce depuis des années. Et l’idée de complicité ressort. Les enquêteurs trouvent pour le moins curieux que les associés de M Madoff n’aient rien vu…  L’un d’eux, Robert Jaffe, n’a pas comparu devant la justice pour raisons de santé. Il est à nouveau convoqué à Boston le 21 janvier, mais vit en Floride…

A suivre…





Il faut lire plus souvent la BRI…

7 01 2009

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La banque centrale des banques centrales, la Banque des reglements internationaux (BRI), en anglais The Bank for International Settlements (BIS),  avait tiré la sonnette d’alarme !

En juin 2007, dans son rapport annuel, alors que la crise des sub-primes émergeait, elle mettait en garde contre la trop grande fragilité des économies occidentales. Cassandre n’avait guère été entendue.

Elle a réitéré dans son rapport annuel de juin 2008, en comparant la situation avec 1873, 1929 et les crises asiatiques de la décennie 80. Et de rappeler ces crises avaient été précédées de croissances éxubérantes et non inflationniste. Moralité: personne n’avait rien vu venir. Un article, en anglais, du Daily Telegraph de juin 2007 en fait la synthèse.

Je vous invite a aller lire le rapport de juin 2008 de la BRI.

C’est une analyse et une synthèse brillantes de la crise actuelle.

Vous pouvez lire soit le texte complet soit l’introduction et la conclusion. C’est en français.

Pour une explication du rôle de la BRI en français: le site de la Banque du Canada ou de la Banque Nationale de Belgique.





Les financiers au chomage

5 01 2009

Le mois de décembre a été dur dur pour les salariés du monde de la finance.

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Voici une liste non exhaustive des plans de licenciements annoncés :

Crédit Suisse: 5.300 personnes (11% de son effecif).

Nomura: 1.000 employés à Londres.

Dresdner Kleinwort Département M&A : 1.800 emplois.

State Street : 1.200 emplois (6% des effectifs mondiaux).

Jefferies, courtier New-Yorkais: 2.150

Et certains anticipent le départ de 30.000 employés en 2009 chez Bank of America quand la fusion se fera avec Merrill Lynch…

Pour mémoire les licenciements sur 2008 sont estimés à 300.000 personnes par l’agence Bloomberg !

Il y a de la reconversion dans l’air…

Sources: Bloomberg et Finextra





Financiers = escrocs ?

16 12 2008

Ou il est, encore, prouvé que les garde-fous peuvent être tournés.


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Nous avions eu il ya quelques mois un bel et beau scandale financier a propos d’un trader. Difficile de se faire une opinion sur cette affaire de 5 milliards d’euros avec un opérateur qui dépasse semble-t-il ses limites autorisées mais qui expliquerait qu’on ne lui aurait jamais fait signé d’engagement en ce sens, qui assure que sa hiérarchie était forcément au courant et sa hiérarchie qui affirme avoir été abusée.

Tromperies, problèmes de compétences ? Je ne rentrerai pas dans ce débat.

Je me situerai juste sur un plan éthique. Un opérateur des marchés financiers qui maquille ses positions et ne dit pas clairement à sa hiérarchie quels risques il a pris et quelles sont ses positions est un voyou.

Il triche.  Dans un domaine ou les pertes peuvent être très rapides et énormes. Donc mettre en danger la survie de l’entreprise. Rappeler vous l’affaire Nick Leeson. L’institution a du se brader au premier venu. Les salariés, non responsables mais licenciés, ont du apprécier.

Aucune justification n’est acceptable. Je récuse l’argument de la personne broyée et victime du système. C’est un professionnel. Dans toute autre profession, un manquement aux règles est sanctionné.

Mais tout ceci n’était que broutilles.

Il y avait mieux et plus simple: l’escroquerie de la Pyramide.

Je collecte de l’argent auprès d’investisseurs, puis j’en collecte encore. Avec l’argent des seconds je verse des intérêts aux premiers et je recommence sans fin. Roulez jeunesse.

Simple et efficace. Je me fais payer en commission et non en pourcentage pour ne pas avoir de comptes à rendre sur ma gestion et le tour est joué.

Sauf que “Pourvou qué ça doure” comme disait Létitia Bonaparte.

- Et c’est là le premier choc de l’affaire: cela ne dure jamais !

Le système étant fondé sur la confiance, tout marche tant que seule une frange très marginale retire ses fonds. Les escrocs qui pratiquent cela à la petite semaine partent s’exiler un beau jour avec la caisse dans un pays qui ne pratique pas l’extradition. C’est en général de cette façon que le pot aux roses est découvert.

Mais quand il y a perte de confiance, il y a retrait massif…. et tout s’écroule.

Comme un homme de marché pouvait penser que cela durerait toujours, qu’il n’y aurait pas une crise un jour ?

- Deuxième choc: comment un ancien patron, reconnu et respecté du marché électronique Nasdaq a-t-il pu monter un magouille aussi minable. Excusez moi je suis un grand naif.

- Troisième choc : les montants en jeu. L’estimation des pertes porte sur 50 milliards de dollars…à l’heure actuelle… Pour mémoire le plan Paulson d’aide aux banques est de 700 millions. Les pertes représenteraient donc 7% du dit plan.

L’agence Bloomberg a déjà répertorié environ 25 milliard de dollars de pertes avérées. Le décompte n’est pas fini. Les banques européennes ont déclarées pour le moment près de 8 milliard de USD.

Les fonds ont reconnus 2.6 milliard, les particuliers aux EU, 1.3 milliard et les fondations caritatives : 5.6 milliards. Certaines ont déjà fait faillite et certaines ne s’en relèveront pas. Les œuvres sociales américaines (aides aux hôpitaux, aux universités, etc…) vont beaucoup souffrir. Cela aura de lourdes répercussions sur la société américaine.

Rien pour les banques américaines en revanche…. Bizarre, bizarre… Quelles mauvaises surprises nous attendent ? Et combien de perte encore à venir ?

- Dernier choc : l’aveuglement des autorités de tutelle ! Et pourtant il semble que les signaux n’ont pas manqué de la part d’organismes qui ont tiré la sonnette d’alarme. Comment la SEC n’a-t-elle rien vu ? Et comment espère-t-elle passer cette tempête ? Voila encore un dossier brulant pour le nouveau président. Mais pas que lui. Sommes nous à l’abri en Europe  ? A quand une SEC européenne, coordonnant les divers organes de contrôle nationaux ?

Mais les règlementation ne font pas tout. Elles sont nombreuses, parfois tatillonnes. Je crois plus à l’autorégulation et la mise ne place d’une véritable gouvernance d’entreprise telles que celle pratiquée par Riskmetrics, institution indépendante (connue jusqu’en 2007 sous le nom de
Institutional Shareholder Services).

Hélas, trois fois hélas. La finance n’avait pas besoin de cette histoire sordide.

Déjà le ressentiment aux EU était fort vis à vis de Wall Street accusé d’avoir été la cause de la crise financière. Les financiers avaient créés des outils très sophistiqués, incontrôlables, déconnectés de la réalité pour engranger un maximum de profits. L’opprobre s’est ensuite étendu à l’ensemble de la profession bancaire qui a fermé le robinet du crédit.

J’avais déjà entendu lors de la faillite de Lehman des raisonnements primaires du style “c’est bien fait pour eux, ils s’en sont mis plein les poches”, ou l’on confondait allègrement les dirigeants ou les mieux payés de l’entreprise et les salariés de base. En oubliant au passage la responsabilité des administrations, des politiques et de tout l’environnement qui avait profité jusque là à  plein de la croissance de la bulle financière.

Mais cette fois-ci on en rajoute une couche. De” tous profiteurs”, on va passer à “tous pourris”. Et pourtant nous avons besoin d’un système financier fluide et bien régulé pour financer la croissance.

Certains ont comparé le scandale actuel avec la banqueroute de Law en 1720 en France. Je trouve la comparaison pertinente. Rappelons que nous avons mis plusieurs siècles à surmonter notre aversion aux marchés financiers.

La confiance sera longue et dure à rétablir.

Je ne vous remercie pas monsieur Madoff.





La finance … pas stratégique en France.

9 12 2008

Il était une fois un beau pays qui avait de bons et beaux cerveaux. Ces cerveaux excellaient dans la construction d’instruments financiers et de logiciels pour gérer ces instruments.

Fort de ces compétences, le beau pays en question avait été parmi les premiers à faire son « big bang » des marchés, à moderniser sa place financière.

Il avait réussi en peu de temps à transformer une place ronronnante en un marché dynamique à la pointe des technologies.

Imaginez un marché à terme parmi les plus performants et les plus importants de la planète, une bourse conquérante qui peu à peu fédérait et absorbait ses voisines, des prestataires de services de plus en plus nombreux et reconnus, la première place à être électronisée, des systèmes d’informations, des autorités de tutelles servant d’exemple…

Bref une nouvelle « city » en gestation.

Au-delà des cocoricos de circonstance, cela avait un effet bien tangible sur la création d’emplois et d’emplois à forte valeur ajoutée.

Si « la politique ne se fait pas à la corbeille » selon un mot célèbre du premier président de la 5ème République, en l’occurrence l’emploi aurait pu s’y faire comme à New-York ou Londres.

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Las, la finance n’a pas bonne presse dans cette contrée. Depuis une banqueroute retentissante, celle de M Law en 1720, les marchés financiers y sont regardés avec suspicion.

L’activité de marchés financiers n’est pas considérée comme une activité stratégique chez nous. Il n’y a pas eu de volonté politique pour soutenir le secteur comme cela a pu se faire dans d’autres activités.

Et pourtant que d’effets induits :

- une recherche universitaire en pointe sur le domaine et qui attire les compétences,

- l’équipement de lieux dédiés avec une panoplie d’outils informatiques,

- la réalisation de logiciels spécifiques,

- des fournisseurs d’informations financières aptes à concurrencer leurs confrères américains ou anglais,

- des opportunités d’exportation des savoir-faires.

Hélas, il ne reste plus grand-chose de tout cela. Certes l’association Europlace cherche à promouvoir la place de Paris mais le bilan est maigre. Seules les banques et le groupe Viel ont vraiment réussi à développer des métiers qui ne font pas pâle figure au niveau international.

La vente de GL Trade à l’américain Sungard, officialisée le 26 novembre dernier sonne le glas des ambitions françaises. Dommage.

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Récapitulons :

- la Bourse qui avait su absorber les marchés à terme du MATIF puis Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne. Exit Euronext et bienvenue à NYSE. Devinez où sont les vrais centres de décision, avec toutes les conséquences imaginables ? Comment le gouvernement français en 2006 a-t-il accepté que la levée de fonds des grandes entreprises françaises passe sous tutelle américaine ?

- Euronext avait vendu son système de cotations à plusieurs places étrangères. Dès 1988 les actions n’étaient plus côtées à la criée sur la place de Paris. A la grande surprise de nos amis d’outre-atlantique. Il leur faudra plusieurs années pour y arriver technologiquement et le faire accepter par les opérateurs.

- Décalog, SSII spécialisée sur les marchés financiers, « success story » française a été rachetée depuis longtemps dans l’indifférence la plus totale par Sungard encore. A j’oubliais Cadextan, aussi rachetée par Sungard. Au passage pas un seul français dans le «management team» de Sungard, selon son site internet.

- AFX : l’agence de presse d’informations financières créée par l’AFP. Revendue à Thomson Financials (lui même racheté par Reuters) car non rentable. L’idée était loin d’être idiote puisque Reuters, de la taille de l’AFP il y a 30 ans, a formidablement grossi grâce à la vente d’informations aux salles de marché. Bloomberg, créée en 1981 est devenue la première agence de presse mondiale de par les marchés financiers. Pour AFX, encore aurait-il fallu y mettre les moyens. Qui y croyait ?

- Fininfo ? Fournisseur d’informations financières également, autre « success story » mais qui n’a jamais eu le soutien qu’elle aurait mérité. Moralité : rachetée par le suisse Telekurs.

- GL Trade avait le premier inventé une plateforme électronique qui permettait aux opérateurs de traiter les opérations en bourse via l’informatique.

Il reste encore Murex et Linedata. Cela ne fait pas une stratégie de place.





Forex en ligne ? Non merci.

8 12 2008

Pourquoi suis-je contre les sites de transactions sur devises en ligne ?

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Depuis quelques années les sites internets permettant aux particuliers de traiter directement sur le marché des changes, ont grandement fleuri.

Il suffit de taper « forex en ligne» sur votre moteur de recherche favori pour en voir défiler un nombre important. (Forex est une abréviation de « foreign exchange », ou marché des changes).

Très peu pour moi.

Le marché des devises n’obéit pas au même logiques que les marchés actions ou taux. Il est aussi beaucoup plus volatil. C’est un marché de professionnels, pour les professionnels.

Premièrement, devant votre écran vous ne pouvez pas avoir la somme d’informations dont disposent en permanence une salle de marchés et ses cambistes. Celles-ci leur sont fournies par les systèmes d’informations pour professionnels type Reuter ou Bloomberg.

Les sites gratuits d’informations n’offrent pas des données aussi rapidement et avec une telle qualité que ces deux agences.

Comment saurez vous que tel grand fond fait monter telle devise parce qu’il a besoin de couvrir des positions ou d’investir, et ce pour plusieurs centaines de millions de dollars ? Comment saurez vous que tel industriel pour répondre à tel appel d’offre (dont vous n’avez pas connaissance) doit acquérir plusieurs dizaines de millions d’une devise exotique qui vous paraissait mal en point ?

Par ailleurs vous n’aurez pas accès aux rumeurs qui courent les salles et influencent aussi sûrement les cours qu’une information vérifiée. Ou alors vous l’obtiendrez quand le mouvement sur le marché aura eu lieu.

Vous pouvez certes réaliser votre propre analyse graphique. Est-elle en ligne avec celles réalisées par les grandes salles. Ne risquez-vous pas d’être en porte à faux ?

Vous n’êtes pas non plus à l’abri d’une décision politique sur une monnaie qui ira a rebours de vos graphiques ou de votre réflexion économique et de votre analyse fondamentale. Qui avait anticipé la récente dévaluation du yuan ou pour les plus anciens les accords du Plaza en 1985 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_du_Plaza) ?

Deuxièmement j’ai quelques réticences vis-à-vis de ces officines. Lorsque j’étais cambiste, on m’avait appris quelques règles de bases :

- toujours vérifier le risque de contrepartie. Mon partenaire pourra-t-il me rembourser ce qu’il me doit ? Si j’achète des Dollars contre des Euros, je vais donc délivrer des Euros et recevoir des Dollars.

Quid si j’ai envoyé mes Euros mais que l’institution en face ne peut pas de fournir les dollars ? Risque théorique ? Pas du tout. Cette mésaventure est arrivée aux grandes institutions financières. Il faut 3 jours pour être livré de ses devises pour un institutionnel. En 3 jours il peut se passer beaucoup de choses…Quelles garanties offrent ces intermédiaires en ligne ?

- ne pas «déboucler» avec la même contrepartie. Lorsque vous avez acheté avec un intermédiaire, il est plus que conseillé de revendre par le biais d’un autre. Facile pour un professionnel, plus difficile pour un particulier. Or celui-ci connaît votre transaction initiale donc sait ce que vous allez devoir faire pour solder votre opération. Rien de plus simple que de vous offrir un prix légèrement décalé et de prendre une marge un peu plus avantageuse pour lui.

En résumé si vraiment vous avez un avis définitif sur l’évolution du Yen dans les 6 prochains mois, pourquoi pas ? Mais spéculer à très court terme sur les changes (le «day trading») ne me parait pas être une activité rentable.

Tous les collègues et amis que j’ai eu sur ces marchés vous diront que les riches particuliers qui y interviennent sont rarement gagnants au final. N’est pas M Soros qui veut. Or M Soros était secondé par une équipe hautement qualifiée et cela ne l’a pas empêché de perdre lourdement sur les devises après son coût d’éclat sur la Livre anglaise en 1992 (http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Soros).